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Nicolas Lunven, triple vainqueur de La Solitaire du Figaro Paprec : le rôle clé d’Adrena Pro

Neuf ans après sa dernière participation, Nicolas Lunven signe son retour avec éclat : une troisième victoire sur La Solitaire du Figaro Paprec, après 2009 et 2017, décrochée lors d’une ultime étape à très haute tension entre Pornichet et Le Havre. À 42 ans, le skipper de PRB revient sur les dernières heures de course qui ont fait basculer le classement général, sur la place qu’a tenu Adrena Pro dans sa stratégie de navigation, et sur l’usage qu’il compte en faire dans ses nouvelles fonctions au sein de la DMG MORI Sailing Team.

1/ Nicolas, félicitations pour cette victoire sur la Solitaire du Figaro Paprec. Pouvez-vous nous raconter cette dernière étape intense ?

Merci ! En effet la dernière étape de l’édition 2026 a été assez complexe et intense : une longue étape où nous avons rencontré quasiment tous les types de conditions. Nous sommes d’abord partis de Pornichet avec des conditions très clémentes et un vent d’environ 15 Kts pour descendre au portant jusqu’à la bouée BXA au niveau de l’embouchure de la Gironde. Mais assez vite, dès la première nuit, le vent est devenu très capricieux et a complètement molli : l’enroulé de la bouée BXA s’est fait dans la pétole complète. Il a donc été quasiment impossible de dormir sur ce premier tronçon. Ensuite nous sommes remontés vers l’Occidentale de Sein au louvoyage dans un vent qui s’est renforcé jusqu’à 25-30 Kts et une mer assez pénible. Des conditions toniques ! Nous avons eu tout de même un peu de repis lors du contournement de la pointe bretonne car le vent a molli. Ensuite, lorsque l’on a quitté la Mer d’Iroise pour traverser la Manche et aller virer la bouée Hand Deeps devant Plymouth, on s’est retrouvé au portant sous spi avec un vent forcissant jusqu’à 30-35 Kts et une mer très formée. Du vrai sport !!! Les conditions sont restées plus ou moins identiques jusqu’à la pointe du Cotentin avec des grains assez violents : j’ai vu 2 ou 3 fois l’anémo dépasser les 40 Kts ! De la pointe Cotentin jusqu’à l’arrivée au Havre, les conditions se sont un peu calmées mais c’est surtout la mer qui s’est assagie sous le vent de la côte. Évidemment dans ces conditions, pas question de lâcher la barre pour aller dormir…

© Julien Champolion

 

2/ Comment Adrena Pro vous a-t-il été le plus précieux dans cette victoire ?

Le logiciel Adrena joue un rôle primordial dans la navigation. Ce rôle commence même avant que le bateau ne quitte le quai ! A terre, on prépare « la nav » en faisant tourner des routages pour définir la morphologie de l’étape : vent, courant, état de la mer, moments clés, etc. Les outils d’Adrena nous permettent également de savoir quelles voiles nous aurons à utiliser. Cela nous permet de nous représenter l’étape à l’avance, presque comme un parcours de reconnaissance virtuelle ! Je me prépare aussi des roadbooks avec des annotations. Ces roadbooks, sous forme de calques sur mon écran, me permettent, au fil de ma progression, de ne rien oublier. Des anti-sèches en quelque sorte !
En Figaro, on n’a que très peu de temps à accorder à la navigation car on passe la majeure partie du temps sur le pont et surtout à la barre. Il faut donc un outil qui permette d’être efficace et très rapide pour ne pas perdre de temps. Et il y aussi le suivi en temps réel : le % polaire pour être sûr d’être à 100% du potentiel de son bateau, le suivi du vent grâce à des graphiques que je crée et qui me donnent l’historique (TWD, TWS et hPa pour ma part).

 

3/ Est ce que vous allez vous appuyer sur le logiciel dans le cadre de vos fonctions avec DMG MORI ST ?

Oui bien sûr, Adrena sera à bord du nouveau DMG-Mori ! En IMOCA, on accorde plus de temps qu’en Figaro à la nav et on raisonne à plus long terme car les bateaux vont plus vite et plus loin : la stratégie se fait généralement à l’échelle d’un océan avec tous ses pièges ! En plus, en IMOCA, il faut anticiper beaucoup plus car il ne faut surtout pas se retrouver en mauvaise posture avec une voile trop grande par rapport à la force du vent ou faire un bord à l’envers car on n’a pas assez anticipé une bascule et le virement n’est pas près (matossage, foils à sortir, safran à descendre, la préparation d’une manœuvre prend beaucoup de temps !)

© Marin le Roux